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vendredi 28 avril 2023

Remerciements aux Mauriciens

La croche, lutte traditionnelle réunionnaise, est devenue une discipline internationale depuis qu'elle est pratiquée au-delà des frontières naturelles de l'île de la Réunion. 

C'est sur l'île voisine, Maurice (Mauritius) que les premières compétitions internationales ont pu être organisées.

Il nous faut remercier tout particulièrement trois Mauriciens qui ont contribué à cette évolution à tour de rôle :

- Joseph Mounawah, cadre technique de la Fédération de Judo de Maurice, fut le premier à inviter la croche à Maurice, en 2011. Il organisa pour l'occasion une rencontre par équipe entre la Fédération de Judo et la Fédération de Lutte.

- Richard Papie, président de la Fédération Mauricienne de Lutte, prit ensuite la croche sous sa coupe tout en conservant l'esprit d'ouverture insufflé dès la première rencontre Judo vs Lutte. En 2012, avec son équipe de juges-arbitres, il organisa les 1ers Championnats de l'Océan Indien de la discipline (avec la présence du premier Malgache). Récidive en 2014 avec les 2èmes Championnats de l'Océan Indien : 7 Fédérations nationales mauriciennes étaient présentes lors de cet événement majeur, en plus de la délégation de la Réunion et d'un représentant de Madagascar.

- C'est Nuvin Proag, président de la Fédération Mauricienne de Ju-Jitsu (MJJF), qui a accepté de prendre le relais après les 9èmes JIOI (Jeux des Îles de l'Océan Indien) tenus à la Réunion. Grâce à lui et aux cadres de la MJJF, des compétitions nationales de croche traditionnelle et de croche bataille ont été organisées à Maurice. Puis, en 2016, ce furent les 3èmes Championnats de l'Océan Indien qui furent organisés à Madagascar, grâce aux contacts internationaux de sensei Proag. Retour à Maurice en 2019 pour la 4ème édition des Championnats de l'Océan Indien.

Comme pour beaucoup d'autres disciplines sportives, la coupure "covid" a fait perdre 2 ou 3 années à de nombreux pratiquants de croche. Le redémarrage nécessite beaucoup d'implication de la part des cadres de la Ligue de Croche, à la Réunion. 

A Maurice, en 2023, Didier Ameer, de la Close Combat Federation, vient de relever le défi de donner un nouveau souffle à la croche. Nous lui souhaitons beaucoup de succès pour rassembler un maximum de pratiquants issus de différentes disciplines, conformément à l'esprit d'ouverture de la croche. C'est lui qui, sous l'égide de la CIOIC (Commission Internationale de l'Océan Indien de Croche), va organiser très prochainement les 5èmes Championnats de l'Océan Indien de croche.

lundi 1 juillet 2019

[Archive] La lutte traditionnelle africaine s'offre ses premiers championnats

Site internet :       https://jacqver.pagesperso-orange.fr/texte/laluttetradit.htm


La lutte traditionnelle africaine s'offre ses premiers championnats

Phénomène culturel sur le continent noir, la discipline allie sport et mysticisme. Ses combats sont de véritables fêtes. Populaire surtout dans les campagnes, elle manque cruellement de moyens

Le Monde 27/04/1995

NIGER

Les premiers championnats du continent africain de lutte traditionnelle, qui ont commencé à Niamey (Niger) le 21 avril, se terminent vendredi. Méconnue hors des frontières, cette discipline ancestrale est restée très populaire en Afrique. La lutte est le premier sport dans des pays comme le Niger et le Sénégal. . Les combats sont avant tout l'occasion d'une fête. Lors de véritables tournois, où s'affrontent les champions, l'ambiance qui règne dans les tribunes n'empêche pas les rencontres de garder une vraie dimension sportive.. Le mysticisme n'est pas absent de ces corps à corps que se livrent les athlètes. Forces de la nature, les lutteurs, tous issus des campagnes et pour la plupart illettrés, ont de fermes croyances dans les esprits, ceux qui font gagner ou perdre. Les champions deviennent des héros nationaux, comme Mutcha M'Pal en Guinée-Bissau.

Au cœur de Niamey, l'arène de lutte traditionnelle est gardée jour et nuit. Les organisateurs nigériens ne s'inquiètent pas de la sécurité de ces premiers championnats d'Afrique dans la discipline. Il s'agit avant tout d'empêcher que les athlètes ne s'introduisent secrètement dans l'enceinte et ne procèdent sur place à des rituels recommandés par leur marabout. Malgré cette surveillance, il est de notoriété publique que le sable de l'aire de combat regorge déjà d'ossements d'animaux, d'amulettes et de fétiches enterrés là à toutes fins utiles.

L'anecdote prête à sourire, mais la lutte traditionnelle ne peut se comprendre sans cette dimension mystique, Les hommes qui s'affrontent débordent de muscles et de talismans, Les uns et les autres sont nécessaires pour assurer la victoire. Ces colosses peuvent se retrouver anéantis par un mauvais présage ou la crainte d'un sortilège. Récemment un champion nigérien s'est fait battre contre toute attente : lorsqu'il a vu la nuque de son adversaire recouverte d'une mystérieuse poudre, là même où il portait habituellement sa prise favorite, Badamassi, dit "Commando ", s'est troublé et n'a pas osé toucher cette tête envoûtée. " Ces combats, c'est aussi un affrontement à distance entre les marabouts", constate Alassane Soulé, l'entraîneur du Bénin, un des rares à ne pas trop se fier aux forces surnaturelles: "Si les sorciers avaient vraiment un quelconque pouvoir, l'Afrique serait championne du monde dans tous les sports! " Avec ou sans les esprits, la lutte traditionnelle est une plongée au plus profond de la culture africaine .

A Niamey, dans des tribunes chaque jour pleines à craquer, les combats se succèdent au son des tam-tams. Sogolo, le plus célèbre griot du Niger, accompagne le spectacle de sa lancinante mélopée, prodigue des conseils et improvise les louanges des lutteurs. " Tu es plus beau que Dieu ", " tu es né avant ton père ", fredonne-t-il. A la fin du combat, des femmes se précipitent vers le vainqueur et l'essuient démonstrativement avec leur mouchoir. Mais qu'un lutteur démérite et aussitôt des clowns le miment pour faire rire à ses dépens sans que l'intéressé s'en offusque. Les terrassements sont accueillis par des débordements d'enthousiasme du public, L'exultation du vainqueur et la détresse du vaincu sont pareillement exubérantes. Commenté en direct à la radio, largement retransmis à la télévision, ces championnats d'Afrique marquent une volonté de relance. Restée le sport le plus populaire au Niger et au Sénégal, la lutte traditionnelle avait tendance à dépérir ailleurs. L'accès à l'indépendance des pays qui la pratiquaient l'avait paradoxalement marginalisée un peu plus.

Venue de la brousse, développée par des paysans illettrés, fortement teintée de superstition, cette discipline paraissait indigne des États modernes que les nouveaux responsables entendaient mettre en place. Dès lors, la pratique se cantonnait aux régions les plus isolées. " Nous avons importé des sports d'Europe comme le football et nous avons négligé celui qui était le plus authentiquement africain ", regrette Nicolas Nlong, juge arbitre camerounais et un des artisans du renouveau. Un Français, Frédéric Rubio, a également largement contribué à cette reconquête. Spécialiste de la discipline, il parcourt depuis cinq ans l'Afrique en VRP de la lutte, forme des directeurs techniques nationaux, des arbitres et tente d'établir des structures solides dans tous les pays. " Turcs, Iraniens, Arméniens s'appuient sur leur pratique traditionnelle pour s'imposer en lutte olympique, explique-t-il. Il est cependant important que l'on garde l'environnement culturel afin que les Africains continuent à se reconnaître dans ce sport. "

En taxi-brousse

Au sein d'une commission, Frédéric Rubio a également participé à l'élaboration de règles communes, les techniques de lutte variant jusqu'alors avec les ethnies. Dans le cadre de la coopération française, il assure surtout le financement des projets. "Pour nous, arriver sur place est déjà une victoire. Rien que pour ça, nous mériterions une médaille ", raconte Frédéric Kuma, directeur technique national de l'équipe du Togo. Lui et ses cinq lutteurs ont mis quarante-huit heures pour venir de Lomé en bus et en taxi-brousse. Ils auraient pu ne pas partir, le gouvernement ayant refusé de financer l'expédition. Finalement, le directeur des sports a accordé un prêt de 2 400 francs sur sa cassette personnelle. Le viatique a payé un équipement sommaire et un aller simple. Frédéric Kuma attend fébrilement l'argent de la mission française pour assurer le retour et rembourser son patron. Partie dans les mêmes conditions, la délégation du Tchad n'a même pas réussi à arriver à temps pour les compétitions. Au bout du compte, d'aléas en bisbilles, seuls dix des trente pays conviés ont réussi à faire le déplacement de Niamey. Il n'empêche que la deuxième édition est déjà programmée en décembre 1996, à Abidjan ou Cotonou. La lutte traditionnelle sera également sport de démonstration aux Jeux d'Afrique en septembre à Hararé (Zimbabwe). Un regain de notoriété continental qui ne satisfait pas encore pleinement le Sénégalais Cheikh Thiaré, vice-président de la Confédération africaine de lutte associée: " Pourquoi la lutte traditionnelle africaine ne deviendrait-elle pas une discipline olympique? Après tout, le judo lui aussi a d'abord été un sport régional. "

Benoît Hopquin


Mutcha M'Pal, une légende qu'on raconte aux enfants de Guinée-Bissau

Mutcha M'Pal ne se souvient pas de son premier combat. Aussi loin qu'il remonte dans ses souvenirs, il y voit des corps-à-corps acharnés avec les autres enfants de Campada, son village natal, et des adversaires qui mordent la poussière. Pour un Balante, - c'est le nom d'une ethnie du nord de la Guinée-Bissau-, lutter va de soi. Des joutes ludiques accompagnent chaque événement de la vie, naissance, récolte, mariage, enterrement. La règle en est simple: faire toucher la nuque l'adversaire au sol. Elle génère un art compliqué, exigeant puissance et souplesse. Le jeune Mutcha, né, selon son passeport, vers 1973, possédait les deux. Très vite, il s'est aperçu qu'il était le plus fort. Son 1,90 mètre et ses quelque cent kilos imposaient respect. Et son agilité lui permettait de terrasser de plus grands et de plus lourds lui. Malgré sa corpulence, son apparence ventripotente, il parvenait à se ramasser sous son adversaire et à le porter dans les airs. Il avait surtout ce don inné de deviner l'autre dès la première prise de contact, d'anticiper ses actions pour mieux le dominer. Mutcha M'Pal n'a jamais appris à lire et à écrire, mais a toujours su lutter.

Dès lors, il n'a eu de cesse d'aller plus loin défier des adversaires à sa mesure. Qu'une cérémonie soit annoncée quelque part, et le jeune homme faisait ses préparatifs. Sa mère, Fasenda, s'enfermait de longues heures dans la case familiale, répandait le vin au pied des fétiches, et suppliait les esprits de donner la victoire à son fils. Le marabout et les anciens se rendaient sous l'arbre sacré et dispensaient offrandes et incantations. Mutcha M'Pal se mettait alors en route, couvert d'amulettes et de peintures. A pied, accompagné d'autres jeunes gens, il parcourait des dizaines de kilomètres, chantant, dansant tout le long du chemin. La joyeuse troupe annonçait son entrée dans les villages au son d'une corne. Elle restait là deux jours à s'amuser et à se battre. Mutcha revenait toujours en vainqueur chez sa mère.

Sa réputation s'étendit à toute la région de l'Oio. Ses succès, son arrogance démonstrative, ses chorégraphies provocatrices, sa manière de ruer comme un animal qui va charger, plaisaient au public et faisaient peur à ceux qui devaient l'affronter. Seuls des esprits pouvaient le battre. Une année, il tomba gravement malade. Persuadé qu'un adversaire lui avait jeté un sort, plutôt que d'appeler un médecin, il se fit exorciser. Le marabout lui confia un pendentif, une dent de cochon, afin d'écarter les sortilèges. Il ne le quittera plus. Pour plus de sûreté, il déménagea et s'installa loin des influences néfastes, dans la petite ville de Bissora.

En 1988, à quinze ans, il remportait son premier titre national de lutte, puis un nouveau chaque année. Il devint un des personnages les plus célèbres du pays. Ses combats attiraient des foules de plus en plus nombreuses. Jamais il n'accepta d'argent en cadeau. Un Balante ne le ferait pas. Des pères enthousiastes lui proposèrent bien leurs filles en mariage, mais lui préférait choisir seul sa femme: à ce jour, il en a quatre, qui lui ont donné cinq enfants. L'aîné, Quintinou (" petit jeudi ", en créole portugais), a huit ans et se bat bien." Il sera aussi bon que moi ", pense le père. Après chaque tournoi, Mutcha M'Pal revient près de sa famille à Bissora, s'occupe de ses deux rizières et cultive également un peu de blé, de maïs, d'arachide et de haricots.

Argent de poche 

Sa notoriété dépassa bientôt les frontières. En 1990, on vint le chercher dans ses champs. Il prit l'avion pour Abidjan, et termina deuxième de la compétition, derrière un Sénégalais. L'arbitre avait sifflé le début du combat alors qu'il procédait à ses rituels d'avant-match. Il fut battu un peu par surprise. L'année suivante, il se classa troisième d'un tournoi à Abidjan, en Côte-d'Ivoire. Un autre mauvais souvenir: en demi-finale, il fractura le bras de son adversaire nigérien, en deux endroits, et fut disqualifié malgré sa victoire. Alberto Pereira, le conseiller technique de Guinée-Bissau, et un Français, Frédéric Rubio, lui enseignèrent les rudiments de la lutte libre olympique, très proche de la technique balante. En 1993, il obtint une médaille d'or à Dakar. Il brilla encore au Caire, en 1994. La même année, aux Jeux de la francophonie à Paris, il termina cinquième. Il visita la capitale française, et ne trouva pas la chose aisée. Avec ses économies, et les 900 francs d'argent de poche qui étaient alloués à chaque participant, il se rendit dans un magasin Tati et acheta des chaussures et des sacs à main pour ses femmes. En mars 1995, il fut appelé dans le cadre du stage préparatoire aux premiers championnats d'Afrique de lutte traditionnelle. Deux jours après le début, il partit chercher un ami dans la brousse. 'Celui-ci avait perdu son fils, et Mutcha resta avec lui pour le consoler. Il disparut trois semaines sans donner de nouvelles, pour ne réapparaître que la veille du départ. A vrai dire, il n'aime guère s'entrainer. Sa carrière risque forcément de s'en ressentir. On lui prédit une retraite précoce. Alors, il retournera combattre dans sa région. Chez les Balantes, il est déjà une légende qu'on raconte aux enfants. Mutcha M'Pal, le roi des lutteurs, qui gagnait au-delà des mers.

Benoît Hopquin

mardi 26 mars 2019

Préparation mentale en lutte traditionnelle et olympique (Frédéric Rubio)


Pour optimiser la performance des combattants, des techniques centrées sur l’amélioration des habilités mentales peuvent être utilisées.  Plaisir, confiance, combativité, performance seront alors les mots clefs pour parfaire ce travail sur soi-même, avec, si possible, l’aide d’un coach possédant de parfaites connaissances et une certaine expérience dans ce domaine. En attendant de pouvoir organiser un stage sur ce thème essentiel pour atteindre un jour le haut niveau sportif, quel que soit le sport de combat pratiqué, voici pour information un premier document.

Préparation mentale lutte :  http://lacroche.re/file/Preparation_Mentale_Lutte.pdf

mercredi 15 février 2017

Colloque à Dakar

Le responsable formation de la Ligue de Croche, Frédéric Rubio, grand spécialiste de la lutte traditionnelle africaine, participera au colloque « Des Corps en Afrique de l’Ouest : Etats, pratiques et représentations » qui se tiendra les 20 et 21 février 2017 à Dakar, au Sénégal.

GDRI 836 BE-PASA CNRS, UMI 3189 ESS, UMR 7268 ADES, ED ET.HO.S UCAD, ED SEV UCAD
Avec le soutien du CNGL & de la Fondation SOCOCIM








Comité scientifique et d’organisation
Gilles Boëtsch (Anthropobiologiste, Dr. CNRS, UMI ESS 3189,
CNRS-UCAD-UGB-USTTB-CNRST)
Dominique Chevé (Anthropologue, CA UMR ADES 7268 AMUCNRS-
EFS, Marseille ; GDRI BE-PASA CNRS)
Lamine Ndiaye (Sociologue, Pr. UCAD, Dir. ED ETHOS, Dakar ; UMI ESS 3189)
Cheikh Tidiane Wane (Didacticien, STAPS, MCU Université de Franche-Comté, EA 4661 ELLIADD ; CA
UMR ADES 7268 AMU-CNRS-EFS, Marseille ; GDRI BE-PASA CNRS)
Bernard Andrieu (Philosophe, Dir. GDRI 836 BE-PASA, Pr. et Dir. EA 2635 TEC, Paris Descartes et CA
UMR ADES 7268 AMU-CNRS-EFS)
Lamine Gueye (Neurophysiologiste, Pr. & Recteur de l’Université de Bambey, Sénégal ; Dir. UMI ESS
3189)
Jean-Luc Peiry (Géographe, Dir. adjoint UMI ESS 3189)
Abdoulaye Samb (Physiologiste, Pr UCAD, Dir. adjoint UMI ESS 3189 site UCAD ; Dir. ED SEV, Dakar)
Karine Ginoux (Directrice administrative, UMI ESS 3189)
Michel Signoli (Anthropobiologiste, Dr. CNRS, Dir. UMR ADES 7568 AMU-CNRS-EFS, Marseille)
Lieu
UCAD 2, salle de l’Atelier
Argument
Ce colloque porte sur deux grandes thématiques autour du corps, de ses états, de ses pratiques et de ses
représentations en Afrique de l’Ouest.
La première journée, lundi 20 février 2017, sera consacrée notamment aux problématiques de l’UMI 3189, « Environnement, Santé, Société » et concernera plus précisément les relations et les interactions corps, santé et environnement : corps et vieillissement, corps et esthétique, corps et religion, pratiques spécifiques qui construisent les corps, etc.
La deuxième journée, le mardi 21 février 2017, concernera les corps-sujets engagés dans la pratique de la lutte, avec des communications sur les questions portés par le projet « Corps en lutte au Sénégal » depuis 2010 (responsables D. Chevé & C.T. Wane, GDRI 836 BEPASA & UMR ADES 7268) et notamment : lutte et environnement socio-culturel ; trajectoires de lutteurs ; discours, croyances et représentations de la lutte ; techniques des corps en lutte ; enjeux sociaux, politiques, religieux, culturels de la pratique et de sa complexité au Sénégal.

 Lundi 20 février 2017
Corps et Environnement
8h30 – 9h : Accueil des participants
9h – 9h20 - Introduction
Pr. Lamine Gueye (Dir. UMI ESS)
Gilles Boëtsch & Lamine Ndiaye
9h20 – 9h50 - Conférence
Abderrahmane N’Gaïde (Enseignant-chercheur au département d’Histoire, UCAD)
« Traces de corps sous le langage, "tenir, "maintenir" afin de "se tenir"… »
9h50 – 10h05 - Discussion
Communications
Présidents de séance : Gilles Boëtsch et Lamine Ndiaye
10h10 – 10h30 - Gilles Boëtsch (Dr. CNRS UMI ESS 3189)
« Approche anthropologique du corps en Afrique »
10h30 – 10h40 – Discussion
10h40 – 11h00 - Lamine Ndiaye (Pr. UCAD, UMI ESS 3189)
« Corps du nouveau-né et techniques corporelles chez les Wolof du Sénégal »
11h00 – 11h10 – Discussion
11h15 – 11h30 - Pause-café
11h30 – 11h50 - Emmanuel Cohen (PhD, Anthropobiologiste, postdoctorant, Wits University)
« Acculturation, pratiques sexuelles en mutation et nouveaux regards sur la beauté en Afrique : le
cas du Sénégal, du Burkina Faso et du Cameroun »
11h50 – 12h00 - Discussion
12h00 – 12h20 - Enguerran Macia (Cr. CNRS, Anthropobiologiste, UMI ESS 3189)
« Le corps vieillissant : quelques théories confrontées au contexte dakarois »
12h20 – 12h30 – Discussion
12h30 – 12h50 - Absa Gassama (Dr. en sociologie, enseignante à l’Université virtuelle du Sénégal)
« Corps biologique et social de la travailleuse domestique au Sénégal »
12h50 – 13h00 – Discussion
Pause déjeuner (13h00 – 14h30)


 14h30 – 14h50 - Magali Cocaul-André (Médecin endocrinologue, Paris, UMI ESS 3189)
« Le corps entre normes biomédicales et normes sociales »
14h50 – 15h - Discussion
15h – 15h20 - Marème Dia Thiam (Doctorante en sociologie et anthropologie, UCAD)
« Beauté et pratiques corporelles des femmes à Dakar »
15h20 – 15h30 - Discussion
15h30 – 15h50 - Malik Diagne (MC UCAD, Dr. en philosophie, Dir. Département de philosophie)
« Le corps des jeunes dans l’espace public »
15h50 – 16h - Discussion
16h - 16h15 - Pause-café
16h15 – 16h35 - Abdoul Aziz Kébé (MC. UCAD, Dr. Département d’arabe)
« Le corps du musulman »
16h35 – 16h45 - Discussion
16h45 – 17h05 - Ibrahima Sow (Pr. IFAN UCAD, Philosophie)
« Le corps possédé »
17h05 – 17h15 - Discussion
17h15 – 17h35 - Lamine Gueye (Pr. et Recteur de l’Université de Bambey, Dir. UMI ESS 3189,
Neurophysiologie)
« Le corps épileptique »
17h35 – 17h55 - Discussion
18h00 – 19h - Projection et discussion
Documentaire sur la lutte de Mamadou Kouma Gueye et Mark Hann

 Mardi 21 février 2017
Corps en lutte au Sénégal
8h30 – 8h50 : Accueil des participants
8h50 – 9h - Introduction
Dominique Chevé & Cheikh Tidiane Wane
« Ce que lutter veut dire ? Enjeux et problématiques de cette pratique au Sénégal »
9h00 – 9h30 - Conférence
Niko Besnier (Pr. anthropologie culturelle, Université d’Amsterdam)
« Corps, sports et futurs : la lutte sénégalaise dans un contexte global »
9h30 – 9h45 - Discussion
1ère session
Types de lutte ancrée dans le terroir / Lutte et environnement ethno-culturel / valeurs, pratiques
particulières
Président de session Dominique Chevé
9h50 – 10h10 - Mouhamadou-Lamine Sakho (Dr. STAPS, Strasbourg, France)
« Transmission d’un imaginaire social en pays lebou : expérience de la lutte traditionnelle à
M’Bao »
10h10 – 10h30 - Raphaël Ndiaye (Dir. de la Fondation Léopold Sédar Senghor, Dakar)
« La lutte chez les Sérères : une trajectoire de la construction de soi »
10h30 – 10h50 - Aurélie Epron (MCU, STAPS, Lyon, France)
« Le gouren, lutte en pays breton : des rituels locaux aux ritualités sportives ou la fabrique du
Gouren en Bretagne »
10h50 – 11h10 – Discussion de la session 1
11h10 – 11h25 – Pause-café

 2ème session
Parcours de lutteurs / lutter pour vivre, être, réussir…
Président de session A. W. Kane
11h25 – 11h45 - Mark Hann (Doctorant, Anthropologie, Université d’Amsterdam)
« Trajectoires précaires de jeunes espoirs en lutte sénégalaise »
11h45 – 12h05 - Anaïs Misson (Doctorante, Anthropologie, Université de Louvain)
« "Lutter pour lutter" : entre débrouilles, recherche de reconnaissance et (spectre de
l’)endettement. Stratégies de réussite de lutteurs sénégalais à l’épreuve de la précarité à
Guediawaye »
12h05 – 12h25 - Fatou Dame Loum (MCU sociologie, INSEPS, UCAD, Dakar)
« Trajectoires sociales et carrières sportives des lutteurs professionnels au Sénégal »
12h25 – 12h45 - Jean-François Havard (MCU Sciences politiques, Doyen de l’UHA, Mulhouse)
« A chacun son combat ! L’enjeu de la réputation dans la construction de soi comme lutteur »
12h45 – 13h10 – Discussion de la session 2
13h10 – 14h15 – Pause Déjeuner
3ème session
Les discours de la lutte, l’oralité, les médias, les représentations, les publics
Président de session : JF Havard
14h15 – 14h35 - Abdoulaye Keita (Pr. IFAN, UCAD, Dakar)
« Parler pour dominer : pratiques ésotériques et exotériques dans la lutte sénégalaise »
14h35 – 14h55 - Ibrahima Wane (MCU, Département Lettres modernes, UCAD, Dakar)
« Du traitement médiatique de la lutte : trajectoires et techniques des “ reporters-griots “ »
14h55 – 15h15 – Abdoul Wahid Kane (MCU, INSEPS, UCAD, Dakar)
« L’appartenance chez les acteurs de la lutte avec frappe au Sénégal : entre volonté d’expression et
instrumentalisation »
15h15 – 15h35 – Ibrahima Fall (Doctorant, INSEPS, Dakar), Gary Tribou (Pr. Strasbourg)
« Profils et typologie des publics directs de la lutte avec frappe »
15h35 – 15h50 – Discussion de la session 3
15h50 – 16h05 – Pause-café

 4ème session
Les questions sportives, techniques, de gestion, d’arbitrage
Président de session : C.T. Wane
16h10 – 16h30 - Mohamed Talla Ndongo (doctorant, assistant INSEPS, Dakar), Cheikh Tidiane
Tine (MCU, INSEPS, Dakar), Abdoul Wahid Kane (MCU, INSEPS, Dakar)
« Femmes et lutte au Sénégal: analyse d'une pratique marginalisée »
16h30 – 16h50 - Djibril Diouf (Dr., INSEPS, Dakar), Ansoumana Coly (INSEPS, Dakar)
« La question de la gouvernance de l'arbitrage de la lutte avec frappe au Sénégal »
16h50 – 17h10 - Frederic Rubio (Pr. EPS, Expert CONFEJES, Consultant FILA, co-auteur du
Manuel de luttes africaines avec N.Long, A. Badji - tome 1 - et auteur du tome 2, France)
« Lutte avec frappe, Lutte Africaine, Lutte Olympique : comprendre les techniques »

17h10 – 17h30 - Discussion de la session 4
5ème Session
Comité National de Gestion de la Lutte : enjeux, perspectives
Présidents D. Chevé et C.T. Wane
17h40 – 18h10 - Alioune Sarr (Président du CNGL)
« Enjeux et perspectives du CNGL »
18h10 – 18h40 - Discussion de la session 5
Avec le public en présence des membres du bureau du CNGL
(Thierno Kâ, chargé de communication du CNG et responsable de la lutte avec frappe, Ibrahima Sarr,
membre du bureau du CNG, Babacar Diop, responsable de la commission règlement et discipline)
18h40 – 19h - Bilan scientifique des journées et perspectives
Dominique Chevé & Cheikh Tidiane Wane
Gilles Boëtsch & Lamine Ndiaye




jeudi 2 février 2017

Rétrospective sur la Lutte africaine

Frédéric Rubio, le responsable formation de la Ligue de Croche, a consacré une quinzaine d'années de sa vie à la revalorisation et à l'unification de la lutte africaine. Voici un documentaire qui raconte cette démarche : "Les dieux du sable" !

A l'occasion des 1ers Championnats d'Afrique à Niamey, la célèbre émission "Envoyé spécial" d'Antenne 2 / France a réalisé un reportage à dimension sociologique. Pour les passionnés de lutte, et les amoureux de l'Afrique, pour les lutteurs, étudiants, entraîneurs, professeurs et chercheurs, ...



Source : https://www.youtube.com/watch?v=cU-48dxzxQA



Source : https://www.youtube.com/watch?v=Yn3wAiYj6P4


jeudi 25 février 2016

Les meilleurs crocheurs mauriciens à ce jour

Plus de 100kg

1) Christophe Chung-Sin-Hee (double champion de Maurice 2013-2014), ju-jitsu, 112-119 kg, 24 ans, 4 victoires dont 3 avant la limite et 1 défaite aux points : 4(3)V-1D
2) Jean-François Bégué (2ème des championnats Océan Indien 2014), judo, 112 kg, 1V, 1D
3) Kishav Siboo (3ème des championnats Océan Indien 2014), lutte, 110 kg, 2(1)D
4) Mike Genave (2ème des championnats Océan Indien 2012), lutte, 103-107 kg, 3(3)D

Moins de dix crocheurs à Maurice dans cette catégorie, à ce jour.

Jusqu'à 100kg

1) Jeff Ravina (3OI 2014, 2M 2014, 3JIOI 2015), lutte, 95-83-89-94-96 kg, 20 ans, 3(1)V, 4D
2) Joseph Hervé Hercule Jolicoeur (1OI 2012), lutte (Rodrigues), 97 kg, 24 ans, 2(1)V
3) Denis Douce, ju-jitsu, 95 kg, 39 ans, 1(1)V
4) Samuel Cécile (2OI 2014), grappling, 95 kg, 1(1)V, 1(1)D
5) Sangram Boolaky, grappling, 94 kg, 30 ans,  1(1)D

Moins de dix crocheurs à Maurice dans cette catégorie, à ce jour.

Jusqu'à 92 kg

1) Jonathan Proper, lutte (Rodrigues), 85 kg, 1V
2) Jeremy Lim (3M 2014), grappling, 91 kg, 26 ans,  2(1)D
3) Jean-Paul Colette (3OI 2014), aïkido, 89 kg, 2(2)D

Moins de dix crocheurs à Maurice dans cette catégorie, à ce jour.

Jusqu'à 84kg

1) Jonathan Charlot (1OI 2014), judo, 80 kg, 3(1)V
2) Nicolas Halimi (1M 2013), grappling, 82 kg, 40 ans, 2(2)V, 1N, 1(1)D
3) Jean Pascal Cleopatre (2OI 2012), grappling, 80,5 kg, 31 ans, 2(1)V, 1D
4) Andy Moonsawny, grappling, 80,5 kg, 28 ans,  3(1)D
5) Chandish Jeeta, aïkido, 83,5 kg, 1(1)D
6) Koushal Essoo, grappling, 82 kg, 18 ans,  4(4)D

Moins de dix crocheurs à Maurice dans cette catégorie, à ce jour.

Jusqu'à 77kg

1) John Lathemer Nanon (champion de Maurice par équipe 2011, 2ème M 2013, 3ème OI 2014), judo, 73-73,5-74-76-72 kg, 34 ans, 10(8)V, 1N, 6(1)D
2) Jean-Daniel Edouard (1OI 2012 ,2M 2013), lutte (Rodrigues), 77-80-76 kg, 29 ans, 5(1)V, 2N, 1(1)D
3) Hans Jogoo (1M 2014), ju-jitsu, 77-74,5-75 kg, 25 ans,  2(2)V, 3N, 2(2)D
4) Jason Bijou, judo, 76kg, 2(1)V, 1N
5) Chrisno Abdool (2OI 2012), lutte (Rodrigues), 74 kg, 27 ans, 2(1)V, 1N, 1(1)D
6) McLeon Paulin (champion de Maurice par équipe 2011), judo, 73 kg, 1V
7) Rikesh Kutoo (3M 2014), grappling, 75 kg, 34 ans, 1(1)V,  2(1)D
8) Ashley Lutchumun, grappling, 73 kg, 26 ans, 1(1)V, 2(1)D
9) Thariq Kumeeran, ju-jitsu, 76 kg, 1(1)V, 1(1)D
10) Semi Azi (3OI 2012), lutte, 76,5 kg, 1(1)V, 2(2)D
[...]

John Nanon est le crocheur mauricien le plus expérimenté avec 17 combats officiels. Il est aussi le détenteur de la victoire la plus rapide pour un Mauricien toutes catégories confondues : en 0'12'' (12 secondes).

Jusqu'à 71kg 

1) Gilbert Emilie (1M 2013, 1OI 2014), lutte, 70-69,5-72-71 kg, 31 ans, 12(6)V, 2N
2) Ricaud Claude Ravina (2OI 2012), lutte (Rodrigues), 65,5-70 kg, 22 ans, 4(4)V, 1N, 2(1)D
3) Billy Quirin (1M 2013), ju-jitsu, 66 kg, 33 ans, 4(2)V
4) Didier Ameer (1M 2014), grappling, 71,5-70 kg, 35 ans, 5(4)V, 1N, 5(3)D
5) Alex Bissessur, ju-jitsu, 66-70 kg, 3(3)V, 1N, 3(1)D
6) Rayan Proag (2M 2013), ju-jitsu, 60-67 kg, 17 ans 4(4)V, 3(3)D
7) Warren Carcasse (2M 2013), ju-jitsu, 63,5-71 kg, 17 ans, 3(3)V, 3(1)D
8) Cédric Adroit (3OI 2012), lutte, 60-68-67 kg, 21 ans, 4(2)V, 2(2)D
9) Christopher Carron (champion de Maurice par équipe 2011), judo, 50-66 kg, 2(2)V, 1D
10) Jerrysteve Pierre-Louis (3M 2014), lutte (Rodrigues), 68,5 kg, 26 ans, 3(1)V, 1(1)D
[...]

Gilbert Emilie est toujours invaincu après 14 combats de croche. Il a égalé le record détenu par le Franco-Sénégalais Yves "Charlie" Preira. C'est une grande tristesse qu'il n'ait pu finir sa carrière en beauté, lors des 9èmes Jeux des Îles de l'Océan Indien (en août 2015), pour tenter d'apporter une médaille d'or à la fédération mauricienne de lutte (la Mauritius National Wrestling and Allied Games Association) qui en est privée depuis ... 1998 !

Jusqu'à 65kg 

1) Guyliane Bandou (1OI 2012, 2M 2013, 1M 2014) lutte, 50-53,5-56-55-62 kg, 20 ans, 12(7)V, 2(2)D
2) Pascal Laurent (1OI 2012, 2OI 2014), judo, 59,5-65 kg, 6(5)V, 1(1)D
3) Jason Koonjul (2M 2014), grappling, 62kg, 18 ans, 3(3)V, 1D
4) Adil Rashwan Dookee, judo, 65 kg, 20 ans, 2(1)V, 1N
5) Didier Bousoula (3M 2014), grappling, 63 kg, 25 ans, 2(2)V, 1D
5) Pouven Moorghen (3M 2013), ju-jitsu, 64 kg, 20 ans, 2(2)V, 1D
7) Eddy Oraganon (3OI 2014), lutte, 57-64,5 kg, 3(1)V, 2(1)D
8) Prudence J. J. Colson, lutte (Rodrigues), 60 kg,  1(1)V, 2N
9) Joel Laval (3OI 2012), lutte, 60-63-62 kg, 27 ans, 3V, 1N, 3(3)D
10) Hevinsing Calcuttea, grappling, 61-61,5-61-62,5-64 kg, 26 ans, 3(2)V, 1N, 8(7)D
[...]

Mis à part lors de sa dernière participation (aux championnats de Maurice 2014), Guyliane Bandou appartient plutôt à la catégorie 59kg. D'ailleurs, en lutte libre olympique, sur le plan international, il évolue à 57kg.

Jusqu'à 59kg 

1) Emmanuel Dookhit (1M 2014, 1OI 2014) lutte, 55-56,5-59-57,5-57-59 kg, 21 ans, 12(2)V, 1N, 2(2)D
2) Josen Jameer (3OI 2012, 1M 2013), lutte (Rodrigues), 50-55-58 kg, 21 ans, 7(6)V, 2(1)D
3) Cédric Couyava (3M 2014), grappling, 49,5-54-55 kg, 16 ans, 4(3)V, 5(2)D
4) Jonathan Burzoo (3M), lutte, 59 kg, 26 ans, 2(1)V, 1D
5) Jacques Fabien, lutte, 56 kg, 3V, 2(1)D
6) Jean-Gino Grenouille, lutte, 57 kg, 2(1)V, 1(1)D
6) Canjanalay Alougen, judo, 55 kg, 20 ans, 2(1)V, 1(1)D
8) Adrien Victoire (3M 2013), lutte, 53-55 kg, 17 ans, 2(2)V, 3(2)D
9) Sendy Mootooveeren, jiu-jitsu/MMA, 59 kg, 1(1)V
9) Wachill Naidu, jiu-jitsu, 58 kg, 1(1)V
[...]

Emmanuel Dookhit et Guyliane Bandou (classé n°1 de la catégorie supérieure) sont issus du même club.

Jusqu'à 54kg 

1) Amit Niraj Jugmohansingh (2M 2014), grappling, 52,5-54-55-54 kg, 25 ans, 7(4)V, 1N, 5(1)D
2) Bhirsing Yudish Sookhoo (1M 2014), grappling, 54 kg, 23 ans, 6(1)V
3) Johan Comolle (2OI 2012, 2OI 2014), lutte, 54,5-55-54 kg, 25 ans, 5(4), 5(3)D
4) Jonathan Speville, judo, 53 kg,  2(1)V, 1D
5) Vicenzo Beauxyeux, BMA/grappling, 55-54 kg, 23 ans, 2V, 3D
6) Felix Sunee, BMA, 54 kg, 1(1)V
7) Aden Couyava, grappling, 49,5-51 kg, 18 ans, 1V, 5D
8) Yanen Pajaniandy, grappling, 54 kg, 24 ans, 1(1)V, 1(1)D
9) Yashvin Juleemun, aïkido, 52 kg, 1V, 1(1)D
10) Wesley Cupidon, lutte (Rodrigues), 54 kg, 3(1)D
[...]

L'expérimenté Niraj Jugmohansingh devance l'invaincu Bhirsing Sookhoo dans le classement statistique compte tenu de son plus grand nombre de combats mais c'est bien Bhirsing Sookhoo qui a battu Niraj Jugmohansingh lors du championnat de Maurice 2014. 
On aurait beaucoup aimé que ces deux champions puissent montrer leurs qualités lors des 9èmes Jeux des Îles de l'Océan Indien face aux Réunionnais et aux Malgaches ...

Jusqu'à 50kg 

1) Jason Nanan, lutte, 48 kg, 1(1)V, 2(1)D
2) Rodney Ramboro, judo, 49 kg, 1D
3) Jean-David Lisette, lutte, 49 kg, 2(1)D
4) Brian Déjeuner, lutte, 46 kg, 3(2)D
5) Stéphane Batour, lutte, 50 kg, 1(1)D

Moins de dix crocheurs à Maurice dans cette catégorie, à ce jour.

Dames 

Jusqu'à 77kg 

1) Charlotte Dumatin (3OI 2014, 2M 2014), lutte, 70-74,5-75 kg, 15 ans, 1(1)V, 4(2)D


Moins de dix compétitrices à Maurice dans cette catégorie, à ce jour.


Jusqu'à 71kg 

1) Christabelle Raffin (1OI 2014, 1M 2014), lutte, 70-67 kg, 20 ans, 4(2)V
2) Aurore Lenette (2OI 2014), muay thaï, 70 kg, 2(1)V, 1D
3) Katoushia Paradiaven, lutte (Rodrigues), 66 kg, 1V
4) Davina Boodoo, grappling, 68 kg, 3(3)D


Moins de dix compétitrices à Maurice dans cette catégorie, à ce jour.


Jusqu'à 65kg 

Aucune compétitrice à Maurice dans cette catégorie, à ce jour.

Jusqu'à 59kg 

1) Molly Anodin, lutte, 55 kg, 17 ans, 2(2)V, 1(1)D
2) Caroline Lisette (1OI 2014), lutte, 55 kg, 2V
3) Elodie Zoé (3OI 2014), lutte, 49-52-55 kg, 3(2)D
4) Cloé Gran Cour, lutte (Rodrigues), 55 kg, 1(1)D


Moins de dix compétitrices à Maurice dans cette catégorie, à ce jour.


Jusqu'à 54kg 

1) Catherina Veerasamy, lutte, 54 kg, 17 ans, 2(2)V, 1(1)D
2) Natalia Guillaume lutte (Rodrigues), 52 kg, 1(1)V, 1D
3) Stessy Bassy, lutte, 51 kg, 17 ans, 3(3)D

Moins de dix compétitrices à Maurice dans cette catégorie, à ce jour.


Jusqu'à 50kg 

1) Ranini Cundasawmy (1M 2013, 1OI 2014, 2M 2014, 2 JIOI 2015), muay thaï/boxe française/... , 45,5-45-47-46,2 kg, 31 ans, 7(3)V, 2(1)D
2) Steffy Bassy, lutte, 50 kg, 17 ans, 2(2)V, 1(1)D
3) Angel Laval (1OI 2012), lutte, 20 ans, 2V
4) Annelise Théodore (3OI 2012, 2OI 2014, 3M 2014), lutte, 51-48-50-49 kg, 17 ans, 2(1)V, 5(2)D
5) Chevrine LeDésiré (2OI 2012), grappling, 28 ans, 1(1)V, 1D
6) Nivesha Brambodary (1M 2013, 2OI 2014), grappling, 49-50 kg, 19 ans, 1(1)V, 1(1)D

Moins de dix compétitrices à Maurice dans cette catégorie, à ce jour.

Jusqu'à 46kg 

1) Dessica Arsène (3OI 2014, 1M 2014), grappling, 46kg, 30 ans, 3(1)V, 2D
2) Laureen Ladouceur (2M 2013), grappling, 42,5-46 kg, 16 ans, 5(3)D

Moins de dix compétitrices à Maurice dans cette catégorie, à ce jour.

mercredi 18 novembre 2015

JIOI 2015 71kg Wilfrid Sellaye vs Mathias Voireau

Wilfrid Sellaye (en rouge) affronte Mathias Voireau (en bleu) pour le titre de champion des Jeux des îles de l'Océan Indien 2015 dans la catégorie des 71kg.

Pour Wilfrid Sellaye, c'est la troisième participation aux JIOI où il a déjà remporté deux médailles : bronze chez les 63kg en 1998 et argent en 2007 chez les 66kg. C'était en lutte libre. Il est le seul Réunionnais à avoir remporté deux médailles aux JIOI. Il vise là sa troisième médaille (le record absolu pour un lutteur, que seul un Malgache a réussi avant lui). Et bien sûr, il vise le seul métal qui lui manque : l'or ! Ce serait HISTORIQUE !

En face, on trouve le meilleur de ses challengers : Mathias Voireau, membre des Grapplers Sud, entraîné par le champion du monde de grappling Rémi Chane-To, et tombeur en matchs de poule du champion de la Réunion 2015 Thomas Payet.



Source : https://youtu.be/rE8eyKQnnUk


Remarque
On pourra simplement regretter l'absence de :
- Johan Esther (champion de l'IOFC qui s'était pourtant inscrit lui-même pour ces JIOI) et de son partenaire Expédito Valin (champion d'Europe de muay thaï, et finaliste du Thaï Fight). Sellaye en croche paraissait-il imbattable ?
- du Mauricien Gilbert Emilie (le champion de l'océan Indien en titre) incroyablement envoyé par sa fédération aux mêmes dates dans un interclubs en Afrique du Sud, puis aux Jeux d'Afrique mais pas dans sa catégorie (!), erreur stratégique qui le fera terminer bon dernier 14ème sur 14.
- et enfin du Malgache Todisoa François Rakotonatoandro (qui n'a pas pu obtenir le visa, comme nombre de ses compatriotes pour les JIOI). Mais lui, Wilfrid Sellaye ira peut-être le défier sur ses terres à la mi-2016 pour les 3èmes championnats de l'océan Indien de croche, à Tananarive.

mercredi 5 août 2015

Luttes en Provences

Photo de La Savate en héritage.
 
 
 
Quau voudra Lucha. Luttes en Provences.

"Vous-àutri, li gènt jouine
Que sabès lou secrèt,
Fasès que noun s'arrouine
Lou mounumen escrèt"
"Vous autres, les jeunes gens
Qui savez le secret,
Faites que point ne croûle
Le monument mystique"
(Frédéric Mistral. Lou Cinquantenàri dóu Felibrige. 1904)

De nombreuses sources l'attestent la lutte était jadis fort en faveur auprès des provençaux. Aux XVIIIème et XIXème siècles elle était pratiquée comme un amusement populaire et un divertissement et figurait au programme des nombreuses réjouissances accompagnant les fêtes religieuses, patronales et votives ou « roumavages ».

D'un point de vue éthymologique, le terme provençal roumavagi (roumavage) est formé de deux mots : roumiou (terme désignant le pèlerin allant à Rome) et viaggi (voyage). Lié au grand pélerinage au tombeau des apôtres Pierre et Paul le terme rouvamagi désigne un « pélerinage » au sens large jusqu'au XVIIème siècle. Par la suite il s'étend aux processions accompagnant les fêtes patronales, religieuses et votives qui avaient lieu traditionnellement entre les mois d'avril et septembre. Il devient synonyme de « fête » à la fin du XVIIIème siècle. Le terme original de roumavagi (roumavage) serait devenu par altération phonétique romeiragi (romerage) en provence orientale.

La définition la plus complète des roumavages ou romerages nous est donnée par Maurice Agulhon dans son ouvrage Pénitents et Francs-Maçons dans l'ancienne Provence (1968) :

« Dans la fête constituée et stabilisée à une époque donnée, coincident procession, cérémonies religieuses et réjouissances : processions régulières à l'occasion de la fête d'un annuelle du Saint, ou occasionelle, pour implorer la protection de ce Saint – Réjouissances champêtres (...) liées au calendrier religieux qui les ramenait (...) soit à l'entrée de la belle saison, soit dans le temps de loisir qui sépare la moisson de la vendange ; fêtes qui commencent avec la procession et la messe, mais qui se poursuivait par des jeux officiels et des danses, s'accompagnaient parfois de foires ou de marchés (...) C'est cet ensemble complexe de la fêtes patronale, religieuse et folklorique, civique et naturiste, que le provençal appelle romerage ».

 Les jeux qui se déroulaient au cours des roumavages commencaient souvent le lendemain des cérémonies et processions religieuses. Les participants s'y affrontaient dans diverses épreuves, notamment à la course, au saut et à la lutte, en espérant remporter les joio (joies), prix mis en jeu à l'occasion du concours et destinés aux vainqueurs.
Dans l'Almanach de la mémoire et des coutumes. Provence (1984) Claire Tiévant nous en apprend un peu plus sur le déroulement des luttes. A l'approche des fêtes on parcourait le village et les localités voisines pour avertir les concurrents potentiels qu'ils pourraient bientôt se mesurer. On accompagnait d'une batterie de tambour ce refrain :

« Escouta ço que dis lou tambour
d'ou Roumavagi !
Quau voudra lucha que se presènte
Quau voudra lucha
Que vèngue au prat
Quau voudra lucha quitte la vesto »
« Ecoutez ce que dit le tambour
du Roumavage !
Que celui qui voudra lutter se présente
Que celui qui voudras lutter
Qu'il vienne au pré
Que celui qui veut lutter tombe la veste »

Des sièges et des gradins entouraient l'enceinte délimitée sur l'espace sablonneux ou la pelouse destinée à recevoir les combattants. Tout le village en fête se réunissait pour assister aux luttes.
L'abbé de jeunesse annonçait le début des hostilités : Moussu l'abat de la jouinesso fai assaupre que la lucha vai acoumença : quau voudra rintra que sorte ! (Monsieur l'abbé de jeunesse vous fait savoir que la lutte va commencer : qui veut entrer en lice doit sortir des rangs !). Les lutteurs désireux de se mesurer s'avançaient alors et ôtaient leurs vêtements pour ne conserver qu'un caleçon. Demi-nus, face à face, ils se mesuraient du regard, avant de s'embrasser ou se tendre les mains en se promettant de lutter loyalement et sans colère. L'arbitre qui était souvent un ancien lutteur, prenait soin de rappeler aux combattants luche n'es pas batèsto ; estrassamen de viando es defendu (lutte n'est pas bagarre ; déchirement de chair est défendu). La rencontre débutait au son de la trompette du valet de ville. Les spectateurs qui constituaient un public avertis commentaient les prises et jaugeaient les combats. Aco's un ome double ! (celui-là c'est un homme double!), A de bras coume d'essieu de caretto ! (il a des bras comme des essieux de charrette!). On avait aussi coutume de dire Luen es lucho d'espelucho (il y a loin de lutte à déchirure), vau mai adresso que forço (mieux vaut adresse que force), luchaire amarinous, a lou vèire i'a de goust (un lutteur souple donne du plaisir à regarder), quau trop s'arredis peto (qui ne sait pas ménager ses forces succombe) ou encore noun i'a tant fort, que noun trove soun mèstre (il n'y a pas si fort qui n'ait trouvé son maître).

Lorsqu'un lutteur se montrait trop brutal ou qu'il gâchait le jeu, l'assistance se mettait à crier foro lou round! (hors le cirque!). Les luttes étaient toujours très animées. En toute occasion les spectateurs avait leur mot à dire : a touca ! A ben touca ! (il a touché! Il a bien touché) pouvait on entendre lorsqu'un des deux joueurs plaquait son adversaire sur le dos. Et lorsque le vainqueur se relevait, tendant la main au perdant en signe d'amitié, la foule se mettait à hurler a gagna li joio ! (il a gagné les prix!). Parfois l'issue de la lutte était contestée. Les esprits s'échauffaient alors et des insultes et quolibets fusaient dans l'assemblée. Il arrivait même qu'on en vienne aux mains et que l'affrontement dégénère en rixe générale.

Les passes étaient nombreuses comme prendre à la brasseto (prendre à bras-le-corps) pour faire tomber l'adversaire en lui courbant les reins, aboura en pas (soulever de tout son poids) pour renverser l'adversaire après l'avoir soulevé, faire lou tour de tèsto (faire le tour de tête), faire lou tour d'ou bras (faire le coup du bras) ou faire lou cop d'ànco (donner le coup de hanche)2

A Nîmes, les luttes avaient lieu tous les dimanches dans les Arènes. On en était également friand à Avignon aux dires d'Alphonse Rastoul. La statue de Félix Charpentier, Li luchaire (Les lutteurs) dont le marbre est exposé sur la place de la mairie de Bollène rend hommage aux lutteurs provençaux. Une peinture du début du XIXème siècle de Pierre Raspay figure également une scène de lutte sur la place de l'église de Montfavet.

Dans Mes origines. Mémoires et récits (1915-25) Frédéric Mistral raconte ses souvenirs sur le déroulement des luttes :

« Lors de la Sainte-Agathe, nous allions donc au bal voir danser l’ami Mathieu avec Gango, Villette et Lali, mes belles cousines. Nous allions, dans le pré du moulin, voir les luttes s’ouvrir, au battement du tambour:
Qui voudra lutter, qu’il se présente...
Qui voudra lutter... Qu’il vienne au pré!
Les luttes d’hommes et d’éphèbes où l’ancien lutteur Jésette, qui était surveillant du jeu, tournait et retournait autour des lutteurs, butés l’un contre l’autre, nus, les jarrets tendus, et d’une voix sévère leur rappelait parfois le précepte: défense de déchirer les chairs...
-- O Jésette... vous souvient-il de quand vous fîtes mordre la poussière à Quéquine?
-- Et de quand je terrassai Bel-Arbre d’Aramon, nous répondait le vieil athlète, enchanté de redire ses victoires d’antan. On m’appelait, savez-vous comment? Le Petit Maillanais ou, autrement, le Flexible. Nul jamais ne put dire qu’il m’avait renversé et, pourtant, j'eus à lutter avec le fameux Meissonnier, l’hercule avignonnais qui tombait tout le monde; avec Rabasson, avec Creste d’Apt... Mais nous ne pûmes rien nous faire »

Dans son Tableau d'Avignon (1836) Alphonse Rastoul évoque les lutteurs avignonnais :

« Arles et Tarascon vantent leurs courses de taureaux ; Aix, ces processions ; Nismes, ses ferrades : à ces fêtes populaires, Avignon a longtemps opposé avec orgueil ses Luttes dans l'enclos de Saint-Roch et ses joutes sur le Rhône. Luttes et joutes sont maintenant abandonnées ; et cependant quel enthousiasme elles ont excité chez nos pères, et même parmi nous, génération dont le berceau fut abrité sous les ailes de l'aigle de Napoléon ! Je me souviens que dans mon enfance une lutte était un événement, et cet événement ne perdait rien de son attrait à se reproduire plusieurs fois dans l'année. (...) Les accidents entre lutteurs étaient moins gais. Le jeu dégénérait en combat réel, et trop souvent, il fallait emporter de l'arène l'athlète trahi par ses forces, qu'un heureux antagoniste avait, pour ainsi dire, cloué au sol.

Quelquefois, l'issue de la lutte était douteuse ; les opinions se partageaient entre les assistants, des cris s'élevaient ; de bonnes et franches locutions en patois circulaient de rang en rang ; le dépit s'en mêlait ; et l'autorité intervenait pour éviter une lutte générale, une collision en masse.

Parfois encore un lutteur émerite, un vieillard aux longs cheveux blanc, mais dont les formes et les muscles respectés par les années, accusaient l'ancienne vigueur, donnait à haute voix son sentiment, et chacun se soumettait au juge improvisé. A nous enfants, on racontait alors les triomphes de cet athlète, tant de fois couronné ; on dénombrait toutes les tasses d'argent qu'il avait remportées, et l'heureux vieillard souriait à ses récits, murmurés de toutes parts ; il se reportait aux jours où un sang plus chaud circulait dans ses veines. Il arrivait encore qu'un doute, un mot imprudent venait colorer son front ; il se dépouillait de sa veste, il montrait à nu ses bras nerveux ; et malheur au jeune imprudent qui répondait à cette provocation ! Une prompte chute venait prouver aux Avignonais que le vieux lutteur n'avait point oublié les secrets et les ressources de son art ».

L'ouvrage collectif Récits de fêtes en Provence au XIXème siècle. Le préfet statisticien et les maires ethnographes (2010) reproduit le contenu d'une lettre datée de 1825 écrite par le maire de Saint-Chamas au préfet des Bouches du Rhône qui évoque le déroulement des luttes à l'occasion de la fête patronale de Saint-Léger :

« Le lendemain au matin, on se réunit dans un champs fraîchement labouré, le maire en tête, on trace par une ligne circulaire le champs destiné au saut et à la lutte. Des jeunes gens dépouillés de leurs habits comme pour la course, s'avancent dans l'arène. On débute par le saut (...) prélude à la lutte. Celle-ci est annoncée au son du tambour et des fanfare... Aussitôt des hommes, les uns se distinguant par une haute stature, les autres ramassés dans leur taille, se présentent à leur tour.
Après s'être mesuré de l'oeil et avoir jugé réciproquement de leurs forces et de leurs moyens, ils décident de l'ordre du combat. Les deux athlètes désignés pour débuter dans cette pénible carrière s'avancent l'un vers l'autre ; ils pressent de leurs mains cette poussière qui va devenir le théâtre de leur défaite ou de leur gloire ; ils rejettent avec le pied les pierres qui pourraient les blesser dans leur chute et mêler le cyprès au laurier ; ils se touchent dans la main, s'embrassent comme des rivaux amis. Mais bientôt l'amour-propre offensé fera succéder la haine à cette fausse amitié. Après s'être observé un instant, ils s'approchent, se saisissent, s'enlacent comme s'ils ne faisaient qu'un seul corps de deux, se séparent, se reprennent, s'entortillent: l'un essaye par un croc-en-jambe de faire perdre l'équilibre à son adversaire ; l'autre, plus hardi, veut le soulever de terre pour le jeter sur la poussière ; tantôt c'est le combat de la force contre l'adresse, tantôt celui de l'adresse contre la force et il n'est pas rare de voir un homme fort comme hercule terrassé par celui qui semblait ne lui offrir qu'une victoire facile et se relever honteux d'une défaitequi l'étonne plus encore qu'elle ne l'afflige et qui vaut à son antagoniste les applaudissements universels.

Plus les forces se balancent, plus le combat devient opiniâtre. On voit souvent l'un des combattants se cramponner contre son adversaire ou le frapper dans les parties les plus délicates ; le sang coule du nez et de la bouche et qui sait comment se terminerait cette lutte si la vue de ce sang, qui plaisait tant à la férocité romaine dans les combats à outrances qui n'avaient pourtant pour objet que l'amusement du public d'un peuple-soldat, n'excitait la compassion des spectateurs provençaux ; leurs amis les entourent, les soignent, les consolent, les louent...

La victoire consiste à renverser son adversaire de manière à ce qu'il tombe à plat sur le dos. Cette victoire est disputée entre tous les vainqueurs et elle reste enfin au vainqueur des vainqueurs... Des juges de camps sont nommés pour prononcer sur les cas douteux et prévenir des rixes que ce véritable jugement des pairs empêche de naître ou apaise à l'instant ».

L'ouvrage de Charles Galtier intitulé Le trésor des jeux provençaux (1952) ainsi que celui de Claire Tiévant, l'Almanach de la mémoire et des coutumes. Provence (1984), nous apprennent que plusieurs formes de lutte étaient jadis pratiquées en Provence. On distinguait ainsi la lucho de la centuro en aut, la lucho d'ome, la lucho a bono man, la loucho libro et la lucho de miech-ome.
La lucho de la centuro en aut (lutte de la ceinture en haut), nom provencal de la « lutte à main plate », nommée ainsi en raison de la position de départ des lutteurs qui consistait à coller ses mains sur celle de son adversaire, et qui prendra plus tard l'appelation de la « lutte gréco-romaine », proscrivait les saisies de jambes et n'autorisait que les stratagèmes des bras et des hanches pour renverser l'adversaire.

La lucho d'ome (lutte d'hommes) permettait les saisies à la tête, à la ceinture ainsi que les crocs-en-jambe, mais prohibait en revanche les saisies de jambes avec les bras ou les mains.

La lucho a bono man (lutte à bonne main), ressemblait beaucoup à la lucho d'ome mais interdisait de saisir son adversaire par la tête pour le renverser.

La loucho libro (lutte libre), également appelée lucha à touto lucho (lutter à toutes les luttes) ou bien lucha en arrapant pèrtout (lutter en attrapant partout), était beaucoup plus permissive. Proche de l'actuelle « lutte libre » elle autorisait toutes les saisies, y compris sur les jambes, pour renverser son adversaire.

Pour vaincre il convenait de faire toucher au sol, par ses deux épaules, l'adversaire et de l'y maintenir quelques secondes. De là l'expression li tres cop fan lucho (les trois coups font lutte) qui signifie cela suffit vous avez gagné.

Ces luttes, bien que très engagées, se limitaient aux saisies. D'autres formes de luttes étaient cependant bien plus violentes et entraient dans la catégories des « luttes à frappe ». Certaines variantes de la lucho libro permettait ainsi l'application de coups. De même la lucho de miech-ome (lutte des demi-hommes), réservée aux enfants et aux adolescents, autorisait comme la lucho libro tous les stratagèmes – y compris les coups – pour faire tomber l'adversaire sur le dos.

Au XIXème siècle la pratique de la lutte connait en France une forte extension et devient l'apanage des forains. De nombreux saltimbanques y voient en effet l'intérêt d'un débouché commercial pouvant les faire accéder à un statut de semi-professionnels. A partir de 1852 de grandes soirées sont organisés à Paris, notamment aux célèbres arènes de la rue Montesquieu dans lesquelles les lutteurs s'affrontent au cours de tournoi prestigieux qui déchaînent les passions. De nombreux provençaux intègrent ses troupes de lutteurs itinérantes et tentent de faire carrière en « montant » à la capitale.

Parmi les plus célèbres citons entre autres Henri Marseille le « Meunier de Lapalud » et son jeune frère Jean-Baptiste Marseille surnommé le « Lion de Lapalud » originaires de Lapalud, Peyrou de Meyrargue, Garrinet de Pertuis, Crest d'Apt, Rabasson surnommé « Le Taureau de Provence », Melchior Bauchère dit « Pinatel », Quéquine d'Avignon, Loubet de Nîmes et bien sûr le grand Paul Pons dit « Le Colosse » de Sorgue sacré champion du monde en 1898.

Image 1. Félix Charpentier. Li Luchaire (Les lutteurs). 1891. Bronze. Avignon. Square Agricol Perdiguier.

Image 2. Félix Charpentier. Li Luchaire (Les lutteurs). 1893. Marbre. Bollène. Place de la mairie.

Image 3. Pierre Raspay. Lutte d'hommes devant l'église de Montfavet. XIXème siècle. Musée d'Avignon.

dimanche 2 août 2015

Lutte Africaine

Lutte Africaine

Les amis,
 
Voici sur Youtube  (en deux parties) une vidéo reprenant les 1ers Championnats d'Afrique que j'avais organisés  (avec l'aide de deux potes africains)  en avril 95 à Niamey. Cela vous donnera une idée de l'Afrique culturo-sportivo profonde.  
 
Amitiés  /  Frédo Rubio
 
 
1ère partie
 
 
2° partie
 
https://www.youtube.com/watch?v=B81ln7nm9xM


Manuel de Lutte Africaine - Tome 1 , par A.Badji, N. N'Long et F. Rubio

Téléchargeable à l'adresse :  http://www.lacroche.re/file/Manuel%20Lutte%20Africaine%20T1.pdf

Manuel de Lutte Africaine - Tome 2 , par Frédéric Rubio

Téléchargeable à l'adresse :  http://www.lacroche.re/file/Manuel%20de%20Lutte%20Africaine%20T%202.pdf

dimanche 25 janvier 2015

LUTTE : La croche en démonstration aux prochains Jeux des îles


Article paru dans Le Mauricien | 24 January, 2015 - 11:00

La croche, lutte traditionnelle à l'île de La Réunion, sera une autre discipline de démonstration au cours des 9e Jeux des îles prévus à l'île sœur au début du mois d'août prochain. Confirmation a été obtenue par Jérôme Sanchez, président de la Ligue de croche, auprès de Thierry Grimaud, président du Comité organisateur des Jeux des îles (Coji). Cette activité rejoint donc le golf, l'équitation, le triathlon, la canne de combat, le squash, le billard, le sport sous-marin, le hockey sur gazon, la pétanque, le sa'fing et le tchoukball comme disciplines de démonstration.
Actuellement à Maurice, Jérôme Sanchez s'est réjoui de ce choix lors d'un point de presse tenu jeudi dernier en compagnie des dirigeants de la Fédération mauricienne de lutte et disciplines associées. « Nous avons organisé des compétitions de croche ces trois dernières années et le championnat de l'océan Indien organisé l'année dernière avait réuni plus de soixante athlètes venant de six fédérations. Nous avons soumis notre candidature au Coji et nous sommes aujourd'hui heureux de pouvoir être présents à un événement prestigieux », a-t-il souligné. L'inclusion de la croche vient dans un certain sens compenser l'absence de la lutte, qui avait été une discipline retenue lors des éditions des JIOI tenues à Madagascar en 1990 et 2007.
Sinon, au niveau de la lutte, le coup d'envoi sera donné le 8 février prochain avec la tenue des championnats nationaux à Vacoas. L'objectif, selon Richard Papie, président de la fédération, est d'établir des sélections en vue des compétitions régionales et internationales. Les échéances sont les championnats d'Afrique cadets, juniors et seniors en Égypte du 27 au 31 mai, le Tournoi de l'Amitié de l'océan Indien à Maurice en juin, les championnats du monde seniors également en Égypte et le Big 5 Tournament en Afrique du Sud en août, et le Tournoi de Noël à La Réunion en décembre.
Au niveau local, un des faits marquants sera le lancement des caravanes de détection à travers les différentes régions de l'île pendant les cinq premiers mois de l'année, la première étape étant prévue à Triolet d'ici à la fin de janvier. Des compétitions régionales, le beach wrestling et des cours pour arbitres seront également à l'agenda. L'accent sera également placé sur la relève, avec la tenue de séances d'entraînement pour les jeunes de 7 à 14 ans le samedi matin à Vacoas, tandis que les éléments féminins effectueront des cours de fitness le lundi, mercredi et vendredi au même endroit sous la supervision de Corinne Appadoo.
Effectuant un retour sur la saison dernière, Richard Papie demeure d'avis que la fédération a été très active malgré les moyens du bord. Surtout avec la médaille de bronze décrochée par Adrien Victoire aux championnats d'Afrique cadets, la participation de Guylian Bandou aux championnats du monde et aux Jeux du Commonwealth, la tenue de la Coupe de l'océan Indien de grappling, les grants alloués par la fédération internationale à travers la Confejes pour quatre lutteurs et un stage de ce dernier organisme à Madagascar qui avait vu la participation de trois entraîneurs, dont celui de Rodrigues, Alec Albert.
Considérant la situation avec le comité régional de Rodrigues, le président de la FMLA veut relativiser. « Ce n'est pas un problème grave, mais administratif. Il devrait être résolu d'ici au mois prochain ». Selon lui, il ne s'agit de plus que de la reconnaissance de six clubs à Rodrigues. « Nous avons fait une requête au ministre Yogida Sawmynaden sur ce sujet, car il n'est pas possible qu'une fédération soit en guerre avec son comité régional. À notre niveau, nous ne faisons aucune discrimination et nous n'hésiterons pas à accorder notre reconnaissance », fait ressortir Richard Papie.
De son côté, Avinash Ramtohul, responsable des disciplines associées telles que le grappling, le Mixed Martial Arts, la croche et le jiu-jitus brésilien, a fait ressortir que des séminaires se tiendront au cours des prochains mois. Le premier est prévu en mars et sera placé sous la supervision du champion du monde de Mixed Martial Arts August Vallen.


Les championnats nationaux reportés
Initialement prévus [le 25 janvier] à Vacoas, les championnats nationaux de lutte ont été reportés au 8 février au même endroit. Et  ce, en raison du passage de la dépression tropicale Bansi à Rodrigues. De ce fait, les séances d'entraînement des lutteurs rodriguais ont été perturbées. La FMLA veut démontrer une certaine solidarité à travers ce renvoi.

dimanche 30 novembre 2014

Club CONFEJES Lutte à Antananarivo

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En collaboration avec la Commission Jeunesse et Sports de l’Océan Indien (CJSOI) et le ministère malgache de la Jeunesse et des Sports, la CONFEJES a organisé un stage du Club CONFEJES en Lutte, action inscrite dans la programmation EPS/Sport 2014, à destination des pays de la zone Océan indien, du 22 octobre au 1er novembre, à Antananarivo.
Ce stage, à dominante formation des cadres, avait pour objectif d’assurer le perfectionnement et l’actualisation des connaissances des entraîneurs de la zone notamment après l’instauration de nouvelles règles d’arbitrage de Lutte olympique et de leur impact sur la pratique compétitive et d’entraînement. La participation de jeunes lutteurs/euses de moins de 20 ans provenant de Maurice, des Comores et de Madagascar, est utilisée comme support pédagogique à la formation théorique dispensée (essentiellement à base de vidéos) par l’organisation de séances d’entraînement préparées et animées par les entraîneurs-stagiaires.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée le 22 octobre, en présence du Secrétaire général du ministère de la Jeunesse et des Sports, Monsieur Lovatiako Ralaivao, du Secrétaire Général de la CONFEJES, Monsieur Bouramah Ali Harouna, accompagné de son conseiller technique sport, M. Christian Marty, du Secrétaire général de la CJSOI, Monsieur Samoo Pillay, du Président de la Fédération malgache de Lutte, Monsieur Mamitiana Raveloson, de l’expert technique international, Monsieur Frédéric Rubio, et du délégué Afrique de la Fédération internationale de Lutte, Monsieur Didier Favori. L’assistance, en sus des participants(es) à l’action, était composée des Chefs de service et des Directeurs du ministère de la Jeunesse et des Sports, de l’attaché de coopération de l’Ambassade de France, de la représentante du Conseil Général de la Réunion, de Présidents de Fédérations sportives nationales. Les médias locaux et nationaux ont largement couvert l’évènement.
Intégré dans les actions du Fonds Francophone de Préparation Olympique (FFPO) du Programme III EPS/Sport de la CONFEJES, ce stage du Club CONFEJES en Lutte a réuni 30 participants(es) (22 hommes/8 femmes) provenant des Comores, de Madagascar et de Maurice :
  • 13 entraîneurs : Comores (3), Madagascar (7), Maurice (3)
  • 17 lutteurs/euses : Comores (2), Madagascar (13), Maurice (2).
Le stage s’est achevé par une compétition interne organisée par la Fédération malgache de Lutte.




Source : http://www.confejes.org/autres-actu/1-sport/856-club-confejes-lutte-a-antananarivo